Le RevPAR, acronyme du revenu par chambre disponible d’un hôtel, s’est imposé comme la référence des observatoires hôteliers. Jugé plus performant et signifiant que le taux d’occupation, il est devenu un indicateur officiel de la santé d’un établissement. Comment le calculer et l’utiliser comme un indicateur fiable ?

 

Mieux comprendre et appréhender le RevPAR

La notion de RevPAR (Revenue Per Available Room) désigne le revenu par chambre disponible. Sachant que par «disponible», il faut entendre que la chambre peut être réservée par la clientèle tout au long de la période étudiée, et non qu’elle se trouve vacante seulement à un moment donné. Il sert donc d’indicateur de performance pour les directeurs d’hôtels en révélant la performance de la politique tarifaire de l’hôtel rapproché à son taux de remplissage. Les professionnels de l’hôtellerie considèrent le RevPAR comme « l’indicateur de performance roi »: il donnerait de précieuses informations quant à l’activité hôtelière et les prestations commerciales de l’établissement.

S’il est souvent calculé pour une année, la formule suivante s’applique aussi à une période de référence choisie :

Prix de vente moyen d’une chambre X Taux d’occupation moyen

Une seconde méthode de calcul consiste à diviser le chiffre d’affaires global lié aux chambres par le nombre de chambres disponibles.

Les deux calculs permettent la comparaison des établissements d’une même chaîne, d’un seul hôtel dans le temps ou encore de comparer les chiffres obtenus avec d’autres hôtels proposant un hébergement similaire. La valeur obtenue dépendra bien évidemment de la nature du segment de marché étudié.

Exemple des RevPAR du groupe Accor pour le premier semestre 2017 :

 

Exemple revpar Accor

 

Les avantages et les limites du RevPAR

L’intérêt du RevPAR réside dans sa facilité de calcul ainsi que sa fonction de valeur de référence. Même s’il permet la comparaison de plusieurs établissements entre eux, cette technique atteint rapidement ses limites. En effet, comme il ne s’agit que d’un indicateur de performance, les RevPAR calculés dans des hôtels de luxe sont plus élevés que ceux des établissements proposant une offre plus modeste. Cela ne signifie pas pour autant que les bénéfices obtenus sont plus importants dans les hôtels haut de gamme.

Dans le même esprit, le calcul du RevPAR ne s’intéresse qu’au chiffre d’affaires que génèrent les chambres, sans prendre en compte les revenus provenant d’autres services comme le bar, le spa ou encore les petits-déjeuners. Certains établissements peuvent alors se trouver dans la moyenne en termes de RevPAR, et se montrer plus rentables grâce à leurs revenus annexes. Pour faire face à ce « biais », d’autres indicateurs, comme l’ARPAR, le TrevPAR ou le Trevpec, viennent le compléter, voire le remplacer.

Autre limite constatée : le RevPAR peut être faussé par un prix moyen en hausse alors que le taux d’occupation se trouve en fait en baisse, et inversement. Et lorsque le résultat calculé montre une hausse, le taux d’occupation et le prix moyen peuvent tous deux connaître une augmentation.

 

Pour illustrer ensemble notre propos, intéressons-nous à un hôtel proposant à ses clients 100 chambres à 20€, et un second hôtel de 10 chambres à 200€. Grâce à un revenu de 2 000€, les deux hôtels obtiennent un RevPAR s’élevant à 20€. Mais ce que le RevPAR ne dit pas, et c’est là qu’il prouve son intérêt limité quant aux performances d’un établissement hôtelier, c’est que le coût d’entretien des chambres s’élèvera à un montant bien plus élevé pour l’hôtel possédant 100 chambres. Les revenus additionnels par chambre seront aussi plus conséquents.

 

S’il fallait retenir une chose de cette démonstration, c’est qu’il est préférable de confronter le RevPAR à d’autres KPI pour obtenir des résultats plus fiables et plus parlants. Nous vous invitons donc à approfondir votre connaissance des KPI de l’hôtellerie, et à découvrir comment les améliorer rapidement.

 

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